Porteur, soi-disant, d’un avenir plus vert, le véhicule autonome pourrait aussi être un fiasco environnemental, du fait de l’explosion des échanges numériques induits…

Moteur électrique, utilisation partagée, conduite plus économe que celle de l’automobiliste moyen… la conduite autonome porte en elle tous ces changements, promesse de moindre pollution atmosphérique et climatique. Pourtant, l’équation n’est pas si simple.

L’AFP a publié un dossier qui se base sur une étude du cabinet de conseil AT Kearney, qui a interrogé 150 cadres d’industries concernées sur les conséquences du développement de la conduite autonome. Un des principaux arguments de vente de Tesla (notamment) pourra se révéler un désastre environnemental.

Parmi les incidences du véhicule autonome, il y a l’empreinte, en consommation d’énergie et matières premières, de l’électronique embarquée. La conduite automatisée consacre le règne du numérique : algorithmes, capteurs, radars, lasers analysent en temps réel route et alentours (classification des voies, trafic, parkings, météo, prix de l’essence etc). D’autres contenus permettent aussi aux passagers de se divertir.

Selon Intel, 1h30 de conduite autonome induira l’échange de 4 téraoctets de données, soit autant que le trafic moyen de 3.000 internautes en une journée. Un phénomène « nécessitant une énorme capacité de calcul pour organiser, traiter, comprendre, partager et stocker ces données« , résume-t-on chez le géant des semi-conducteurs. Il faudra également prendre en compte le poids environnemental de la construction et l’exploitation de toutes les fermes de serveurs permettant de gérer tous ces échanges en temps réel…

La préoccupation environnementale en prend un coup…

Interrogé par l’AFP, Nissan, par exemple, ne répond pas précisément à la question du poids du numérique dans le développement du Véhicule Electrique. « Nous oeuvrons pour réaliser notre vision d’un monde à zéro émission et zéro victime (de la route), et croyons que les technologies de conduite autonome joueront un rôle-clé« , dit-on chez ce constructeur, qui vise aussi bien l’usage partagé que des modèles accessibles aux particuliers.

Quid du recours accru aux coltan, palladium, cuivre, tungstène et autres minerais, dont l’extraction induit souvent pollutions et impacts sociaux ? Les études manquent sur le cycle de vie du véhicule autonome, mais, à titre de comparaison, 3/4 des impacts environnementaux d’un smartphone sont dus à sa fabrication, plus qu’à son usage…