Contrairement à ce qu’affirme le lobby du tout électrique, le recyclage des batteries est quasi-inexistant à l’heure actuelle. Et la ruée que l’on est en train de nous imposer vers les motorisations électriques ou hybrides pourrait se révéler être un véritable désastre environnemental demain.

La pression sur le Lithium

La fabrication de la batterie d’une voiture électrique (ou hybride) exige beaucoup de ressources énergétiques : Métaux, plastiques, circuits électroniques, mais aussi (surtout) terres rares. Le lithium qui compose les batteries est difficile à extraire et sa production pèse fortement sur l’environnement. Le concept de l’énergie propre est bien une mystification.
Le lithium, en principe, n’est pas la seule technologie pour les batteries mais, de facto, tous les véhicules actuels et à venir pour au moins les 5 prochaines années sont basés sur des batteries utilisant cette technologie Li-ION avec Cobalt. Nous sommes donc bien forcés de nous poser la question de son cycle de vie. D’autres techniques de batteries existent théoriquement (sodium, zinc) mais à ce jour, elle ne sont pas industrialisées et sont encore à l’état expérimental. Mais surtout, quelles que soit la technologie utilisée, sodium, zinc, cobalt, plomb ou lithium, la multiplication de la demande va générer une demande nouvelle sur la ressource, avec les impacts énergétiques et environnementaux induits pour l’extraction de ces nouvelles terres qui seront considérables.

Le recyclage du Lithium

Actuellement en Europe seulement 5% des batteries lithium sont recyclées. Evidemment, compte-tenu de la demande, une véritable filière de recyclage devrait émerger, mais sans forcément régler tous les problèmes. En premier lieu parce qu’il n’y a pas une batterie semblable à une autre, en fonction des constructeurs. Donc pas de processus standardisé et économique pour recycler ces batteries. Théoriquement le recyclage d’une batterie Lithium est possible à 85 – 90%, en pratique il n’est possible d’arriver de façon industrielle qu’à 50 – 80%. Ca pose une question majeure : que fait-on des 20-50% restants.
Ca, le lobby du tout électrique n’en parle pas… vendons les VE, on verra plus tard.3

Les batteries

Le coût du recyclage

Le lithium est particulièrement difficile à recycler sous une forme permettant sa réutilisation. Il faut ajouter des processus de purification du matériau. Et puis surtout, le recyclage demande beaucoup d’énergie et de ressources. Et plus on souhaite aller loin dans le pourcentage de recyclage et de purification du lithium, plus le coût est exponentiel. Le recyclage des batteries, c’est un peu le serpent qui se mord la queue : pour que la filière de recyclage des batteries se développe, il faut la financer. Et ce serait mieux qu’elle soit rentable. Mais ce recyclage coûte cher et il faudra bien que quelqu’un paye. Et ça, personne n’a envie de le faire. Le risque de ne pas recycler est donc réel : comme pour le diesel, il faudra donc peut-être attendre que les impacts environnementaux des batteries non-recyclées commencent à coûter trop cher à la collectivité pour que celle-ci se décide à financer une filière. Mais à l’arrivée, que le financement du recyclage soit public ou privé, c’est l’individu lambda qui supportera ce coût.
Ca, le lobby du tout électrique n’en parle pas… vendons les VE, on verra plus tard.

Le fantasme du stockage

Le lobby du tout électrique évoque la réutilisation des batteries des VE mises au rebus pour « stocker de l’énergie » et leur donner une seconde vie. Sur le papier c’est séduisant. Dans la pratique, déjà, ça ne fait que repousser le problème de quelques années, car les batteries auront bien un jour une fin de vie. Mais surtout ces projets de « Smart Grid » sont un mythe pur et simple tant les obstacles techniques sont nombreux. Le premier obstacle c’est notre méconnaissance du comportement des batteries dans le temps. Nous n’avons aucun recul sur la détérioration réelle des batteries supportant des cycles de charges parfois rapides, parfois lents, parfois complets, parfois partiels, etc … Les estimations tablent sur 30% de perte de capacité mais cela pourrait être bien plus. Observons simplement que la batterie de nos smartphones est HS au bout de 3-4 ans. Ensuite, l’hétérogénéité des batteries, à des stades de dégradation différents, avec des composants différents, avec des caractéristiques techniques (capacités de charge, puissance, tension de service) différentes, avec des encombrements différents, … Et quel coût d’installation et d’exploitation à long terme pour un système de Smart Grid ? C’est l’inconnue totale…
Ca, le lobby du tout électrique n’en parle pas… vendons les VE, on verra plus tard.

Batterie BMW i3

Et si on change de techno ?

Le lobby du tout électrique nous promet plein de nouvelles technologies pour « demain », notamment des batteries solid state sodium. Et encore d’autres « après-demain ». Dans ce cas, un véritable filière de recyclage de batterie Li-ION pourrait se retrouver obsolète avant même d’avoir atteint son seuil de rentabilité. Et ainsi de suite au fil des évolutions technologiques. Peu de chance dans ce cas que les industriels investissent dans cette direction. Dans ce cas, soit on s’assoie sur le recyclage, avec les conséquences environnementales que l’on imagine, soit on fait peser le poids total du recyclage sur l’utilisateur et/ou le contribuable.
Ca, le lobby du tout électrique n’en parle pas… vendons les VE, on verra plus tard.