En Chine, la politique très volontariste en faveur des véhicules électriques conduit à une augmentation des émissions de CO2 qui préoccupe particulièrement les autorités…

Pour lutter contre la pollution asphyxiant ses villes, la Chine mise beaucoup sur la voiture électrique : en septembre 2017, elle a fixé d’impressionnants quotas aux fabricants, sommés de vendre 10 % de véhicules hybrides ou électriques dès 2019, puis 12 % l’année suivante, et d’atteindre le seuil de 20 % de véhicules neufs électrifiés en 2025. Si certains analystes jugent l’objectif irréaliste, l’ambition révèle une dynamique forte dans le premier marché automobile du monde.

Thunder Power, le Tesla Chinois

Mais à défaut d’être correctement employé, le levier électrique se  révèle contre-productif.

Une étude publiée en avril 2018 dans la revue Nature Energy démontrait que le parc de voitures électriques étaient majoritairement rechargées pendant les heures « pleines », sur les bornes publiques, sur le lieu de travail, sur les plate-formes routières… donc en plein pic de consommation. Et de surcroît, en mode « charge rapide » qui exige de délivrer sur une période très courte une puissance importante.

La surconsommation électriques engendrée par la charge des véhicules électrique en pleine journée engendre un surplus d’activité des centrales à charbon et qui dit surplus d’activité des centrales à charbon dit d’autant plus de gaz à effet de serre.

En d’autres termes, électrifier les transports ne sert à rien si la production primaire d’énergie qui les alimente continue d’avoir recours aux énergies fossiles.

Trafic en Chine

Mais les voitures électriques n’ont pas besoin d’énergie uniquement lors de leur recharge. L’énergie nécessaire à leur fabrication est également importante. Du fait des nombreux métaux rares nécessaires à la fabrication de sa batterie, qu’il faut extraire du sol, acheminer, transformer, une voiture électrique nécessiterait 3 à 4 fois plus d’énergie qu’une voiture à essence pour être fabriquée, avance Guillaume Pitron, journaliste auteur du livre-enquête La guerre des métaux rares . « Durant leur cycle de vie, les voitures électriques peuvent générer les trois quarts des émissions d’une voiture carburant au pétrole »

Enfin, puisque l’on parle de la recharge … une voiture électrique n’émet ainsi que 25 % de CO2 de moins qu’un véhicule thermique en Pologne, pays où l’électricité dépend énormément du charbon, alors que l’on est à 80 % de moins en France, où la recharge est essentiellement fournit par les centrales nucléaires.

Mais alors, comment fait-on, si l’on nous parle de fermer des centrales nucléaires, alors qu’à chaque mauvaise saison, le spectre des coupures électriques se font jour … Nous sommes vraiment encore loin de la promesse de véhicules « zéro émission ».