Pour rendre la voiture électrique sexy, les constructeurs utilisent l’argument du faible prix du « plein ». Mais cet argument pur marketing est tout simplement mensonger car il occulte plusieurs réalités.

Le premier mensonge

Souvenez vous des pubs « Le plein de ZOE revient à 2 euros ». Déjà, avec un kWh à 0.15€ on parle d’un « plein » de 15 kW qui permet de faire peu ou prou 100-130 km. Donc pour faire une comparaison honnête il faudrait comparer des choses comparables, par exemple un plein permettant de faire 900 km qui revient à 65 euros pour une Clio diesel. Et l’on n’est plus à 2 euros mais plutôt à 15-18 euros… ce n’est plus tout à fait pareil.

Mais surtout on occulte opportunément le fait qu’il faut louer le réservoir (la batterie) 69 euros par mois pour les petits rouleurs (7.500 km/an) voire 119 euros par mois pour un kilométrage illimité ! Donc, on n’a pas roulé 100 m. qu’on a déjà lâché 119 euros, soit 2 pleins de gazole d’un Clio permettant de couvrir + ou – 1.800 km.

On est bien loin des 2 euros claironnés par le marketing mensonger des promoteurs du véhicule électrique.

On fait le plein de notre ZOE

On fait le plein de notre ZOE

Mais ce n’est pas tout ! Pour recharger notre ZOE dans un délai décent (8h … est-ce décent ?) il nous faut installer (en fait, faire installer) une « Wallbox » 32 A qui sera facturée entre 1.200 et 1.500 euros avec l’installation. Donc on a pas encore parcouru 100m. mais la ZOE super économique nous coûte déjà la première année 1.400 euros de location de batteries et 1.200 euros de Wallbox. Soit 2.600 euros… à mettre en rapport avec les 1.500 euros de gazole réclamés par une petite citadine effectuant 20.000 km/an en consommant 5l aux 100.

Bon, soyons objectifs, la Wallbox dilue son coût sur plusieurs années. Mais on est bien loin du « plein à 2 euros » vanté par le marketing mensonger des promoteurs de l’électrique.

Bien entendu, certains VE vendent la batterie avec le véhicule. Pas de location dans ce cas. Mais il n’y a pas de miracle, on retrouve le prix de la batterie dans le prix de la voiture. Ce n’est pas pour rien que le prix de base de ces modèles démarre largement au dessus de 30.000 euros. Et il faudra remplacer cette batterie un jour ou l’autre pour 5 ou 6.000 euros.

Quant aux bornes de recharges, leurs tarifs sont des plus variables et des plus opaques. Au kW, à la minute, à l’abonnement, mix abonnement/conso … difficile de s’y retrouver, mais soyez certains que ce n’est pas le consommateur le grand gagnant. Même quand une collectivité locale « offre » des bornes gratuites … financées par l’impôt.

Charge Renault ZOE

Le casse tête de la TICPE

La Taxe Intérieure de Consommations sur les Produits Énergétiques(TICPE) rapporte à l’Etat un peu plus de 10 milliards d’Euros par an. Tant que le parc électrique sera marginal et ne fera pas baisser les revenus de l’Etat sur les carburants fossiles, rien ne va bouger. Mais dès que le parc de Véhicules Electriques deviendra significatif, l’Etat toujours avide de rentrées budgétaires va chercher à compenser sa baisse de revenus et va évidemment taxer l’électricité liée au transport. En plus toute l’infrastructure mise en place (wallbox, bornes connectées, bornes publiques …) permettront de différencier l’énergie domestique de l’énergie de mobilité. Et d’appliquer sur cette dernière les taxes ad-hoc.

Le danger du mythe

Le fantasme du plein gratuit (ou à 2 euros) est en fait bien plus dangereux, à vouloir installer l’idée d’une énergie quasiment gratuite. Le fantasme du plein à 2 euros sous-entend que la batterie comme sa charge initiale ne coûtent ni ne polluent quasiment rien et même qu’elle soit 100 % recyclable. La science triomphante aurait-elle alors répondu à toutes les critiques et sauvé la planète ?

Bien au contraire ! Le mythe de l’énergie gratuite et sans contrainte est celui qui nous conduirait à détruire la Terre, car il n’y aurait plus alors de limite à notre emprise. Il s’agit là de l’un des arguments les plus importants en défaveur d’une fuite en avant technologique.