On attribue à Joseph Goebbels (ministre chargé de la propagande nazie durant la Seconde Guerre Mondiale) la phrase Un mensonge répété mille fois se transforme en vérité. Les grands secteurs du pouvoir ont compris, à travers l’expérience des nazis, que les sociétés étaient capables de croire en n’importe quel message si celui-ci est présenté de la bonne manière. Il suffit juste d’exercer un contrôle efficace sur les médias et les institutions qui diffusent le message, de rajouter rajouter quelques peurs, identifier un bouc émissaire et de l’insécurité. Puis de construire une “vérité” acceptable et de la répéter insatiablement.

Aujourd’hui, le seul vecteur de croissance de nos sociétés occidentales est la croissance dite « verte ». La croissance, c’est ce qui permet à notre économie de générer plus de richesses que ce qu’elle dépense. Et le fer de lance de la croissance dite « verte », c’est de parvenir au remplacement du parc de voitures thermiques par des voitures électriques. Coûte que coûte…

Les peurs sont là : « il faut sauver la planète »
Le bouc émissaire est identifié : l’automobile thermique
L’insécurité est évoquée : la santé, la flambée des prix des carburants, la culpabilisation systématique de l’automobiliste conventionnel

Les chiffres

La presse relaye les communiqués de presse des constructeurs et organismes de promotion du véhicule électrique « Les ventes de voitures électrique ont doublé », « les ventes électriques explosent », « le marché de l’électrique s’envole ». Et c’est en partie vrai. Mais on est encore très loin du raz de marée : au premier semestre, les ventes sont passées à 6% du marché. Quand les constructeurs vendent 100 voitures, ils en vendent désormais 6 électriques là où ils en vendaient 3 l’an dernier. C’est significatif, mais à moins de 10% du marché, ça reste anecdotique. Ca n’explose pas, ce n’est pas un raz de marée : ça frémit. Les mots ont un sens, beaucoup l’oublient.
Et il ne faut pas oublier le contexte, avec l’augmentation des aides à l’achat sur la période et les commandes « obligées » de Zoe (qui porte les 50% du marché français) par les entreprises publiques et collectivités locales !!! Il faut bien tenter de sauver Renault …
Et malgré tous ces ces superlatifs, on est seulement sur 6% du marché. Donc on se calme avant de parler de raz-de-marée svp !

Mais en martelant à l’envie « le marché de l’électrique explose« , même si c’est faux, ça rentre dans les esprits.

Le mensonge décompléxé

Le magazine en ligne Numérama.com dispose d’une importante rubrique « Vroom » entièrement dédiée à la voiture électrique, intitulée « l’actualité de la voiture du futur« . N’attendons pas une once d’ouverture d’esprit ou de débat, puisque le véhicule électrique est déjà catalogué comme le « véhicule du futur« .

Le crédo rédactionnel de cette rubrique ? On liste les défauts du véhicule électrique et l’auteur décrète que ça devient une qualité. On est explicitement dans la désinformation et le conditionnement des esprits, comme le démontre l’article publié fin aout sur la Citroen Ami.
Et là, le titre affirme d’emblée « c’est le futur de la voiture en ville« . Pas de place au débat, pas de point d’interrogation, c’est de l’affirmatif pur et dur.

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Dans l’article on apprend que le seul besoin de l’automobiliste c’est d’accélerer, freiner, reculer, mettre le frein à main. Non, l’automobiliste urbain n’a pas besoin de faire les courses, d’aller chez Ikea chercher un meuble ou d’amener 2 mômes à l’école.
Et puis, pas intérêt de se frictionner avec un bus ou une Tesla Model S : il n’y a pas plus d’airbag que de radio ou de rétroviseur. Evidemment : juridiquement, la Citroen Ami est un Quad. Le rétroviseur intérieur n’est donc pas obligatoire… mais l’auteur balaye l’argument d’un revers de la main définitif « ce n’est pas nécessaire« . Nécessaire ? Nous n’aurons pas la prétention de trancher, nous. On se contentera de relever que c’est vachement utile.

Quant aux renoncements sur les éléments de confort ou de sécurité (radio, aides à la conduite, climatisation, porte de coffre, airbags …) l’auteur a trouvé l’argument ultime « à quoi bon s’embarrasser d’une dépense en plus« . C’est son point de vue. Pas celui de tout le monde. Mais ça ne l’empêche pas de titrer que la Citroen Ami est « le futur de la voiture en ville« .

Quelques mois plus tôt, Numérama titrait déjà « La Citadine électrique idéale » au sujet de la Mini Electrique, en listant ses défauts : une autonomie inférieure à la concurrence, un freinage régénératif envahissant, une quasi-incapacité à prendre la route …. et un prix d’achat de 40.000 euros. Mais c’est pourtant « la citadine idéale » pour ce magazine ….

Et l’exemple de ce magazine n’est qu’une illustration parmi des centaines d’autres !

Quand l’information nourrit le business

On nous accuse parfois d’être « partiaux » et « pas objectifs car anti-voiture électrique« . Possible…
Mais tous les sites, organismes, agences, entreprises qui promeuvent la voiture électrique sont-ils, eux, impartiaux et objectifs ? Pas plus. Et souvent moins …
Des magazines comme Numérama, puisque l’on parlait d’eux, sont dans du journalisme idéologique : leur fond de commerce c’est que tout ce qui est techno est fabuleux. C’est un peu comme l’Humanité qui dans les années 70 nous expliquait à quel point il était bon de vivre en URSS et niait l’existance du goulag.

Mais le plus souvent l’information se mélange au business, puisque la plupart des sites pro-véhicule électrique sont financièrement impliqué dans le business de la voiture électrique !

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Si l’on regarde le site leader de l’information sur la voiture électrique en France « Automobile-Propre.com » il est facile de s’apercevoir que son gérant est également à la tête de la société Chargemap, qui commercialise un badge donnant accès à la plupart des réseaux de recharge. Mais c’est encore le même gérant qui est à la tête du site Mister-EV.com qui commercialise des cables de recharge, des bornes de recharge, à la tête du site « devis-borne-de-recharge.com » qui met en contact artisans et particuliers et également du site « guide-ve.com » spécialisé dans la constitution de listes marketing email de personnes s’interressant à la voiture électrique …

Le site americain « TheDrive » a revélé que les principaux rédacteurs du site « Electrek« , premier promoteur de Tesla en particulier, avaient des liens plus qu’étroits avec le constructeur. Quoi de mieux qu’avoir la presse dans sa poche pour assurer la promotion de ses produits ?

Sous prétexte que l’on parle d’environnement et de voiture électrique, on veut nous donner l’impression que l’on vit dans un monde merveilleux, bienveillant et forcément vertueux. Alors qu’il ne s’agit que de business.

Bien au contraire, quand l’information nourrit le business, il devient impossible d’être objectif et impartial, au risque de mettre en péril son activité commerciale. Bien entendu, il n’y a rien d’illégal là dedans. Simplement, déontologiquement on a déjà fait mieux … et ça, peu de monde en parle.

Où s’arrête le marketing ? Où commence le conditionnement pro-électrique ? Où commence la désinformation ? Où commence la manipulation ?

La voiture électrique est probablement l’Eldorado industriel du XXIeme siècle. Et à ce titre, beaucoup de monde est prêt à dire tout et n’importe quoi pour faire tourner son business …