On savait qu’à travers le système de recharge « intelligents » les voitures électriques (évidemment) connectées échangeaient des informations avec les opérateurs : a-t-il roulé plus que de raison ? A-t-il payé sa dernière facture ? A-t-il commis un excès de vitesse ? A-t-il déclenché l’ABS ? Va-t-il en dessous de 10% de charge ? etc …

Mais la voiture électrique vient de passer un nouveau cap dans l’intrusion dans la vie personnelle et la surveillance individuelle. La très sérieuse agence Associated Press a révélé au terme d’une enquête que plus de 200 constructeurs fournissaient au gouvernement Chinois toutes les données de géolocalisation des véhicules électriques et hybrides vendus sur le territoire. Bref, en Chine, si vous n’avez pas trop envie que le pouvoir sache où vous êtes, évitez d’acheter une voiture électrique…

Parmi les constructeurs en cause, on retrouve Tesla, BMW, Daimler-Mercedes, Nissan, General Motors, Volkswagen, Ford ou même Mitsubishi. Toutes transmettent aux organismes gouvernementaux chinois les données de géolocalisation ainsi que « des douzaines » d’autres types de données. Et ceci à l’insu des propriétaires.

Du coté du gouvernement chinois, on ne nie pas les faits et on justifie en indiquant que « les données sont utilisées à des fins d’analyse pour améliorer la sécurité publique, faciliter le développement industriel et la planification des infrastructures, et pour empêcher la fraude dans les programmes de subventions. »

Difference telesurveillance tele-video-surveillance

De surcroît, les données sont fournies en temps réel au gouvernement ce qui accrédite l’idée qu’elles peuvent tout à fait être utilisées dans un but de surveillance, ce qui ne serait pas le cas si elles étaient mise à disposition au bout de 30 jours. Bien entendu, officiellement, les autres marchés importants du véhicule électrique (États-Unis, le Japon, les pays d’Europe) ne collectent pas ce type de données en temps réel. Mais la voiture électrique le permet … et les constructeurs disposent bel et bien de ces informations.

Les constructeurs qui ont réagit ont expliqué avoir dans un premier temps dû céder aux exigences du gouvernement chinois, afin d’accéder au marché local. Mais ce business de la donnée pourrait leur rapporter gros (on parle de 750 milliards de dollars d’ici 2030). Certains, comme le groupe Volkswagen, ont donc cédé, tout en sachant pertinemment que les données pouvaient être utilisées pour surveiller des citoyens. Pour se défendre, les constructeurs affirment que les données communiqués sont anonymes, mais l’enquête d’Associated Press considère que ce point n’est pas une certitude. Le directeur de Volkswagen pour la Chine a commenté l’information de la façon suivante « Cela inclut l’emplacement de la voiture, oui, mais pas qui est assis dedans », ajoutant que les voitures ne révéleraient pas plus d’informations qu’un smartphone. « Il n’y a pas de différence fondamentale entre s’asseoir dans une voiture et dans un centre commercial avec un smatphone sur soi »… sauf que sur un smartphone, on peut couper la fonction de géolocalisation !

Les propriétaires chinois de voitures électriques ou hybrides étaient, pour la plupart, dans l’ignorance la plus totale de cette collecte de données. Tesla, a juste précisé que la politique de confidentialité associée à ses produits indiquait que des données pouvaient être transmises à des tiers « lorsque la loi l’exige ».

Nous voici donc tous prévenus ….