Les batteries Lithium-ion propulsent les voitures électriques depuis plus de 10 ans. On connait leur bilan environnemental désastreux, on sait que souvent le lithium et le cobalt sont extrait par des travailleurs sous-payés, parfois des enfants, on sait que la filière de recyclage est inexistante, on sait que les batteries Li-Ion chauffent et nécessitent d’être activement refroidies, on sait que leur électrolyte est potentiellement inflammable, on sait qu’elle sont lourdes…

Pour toutes ces raisons entre-autres la communauté industrielle et scientifique évoque des solutions alternatives. Et pour montrer que « l’avenir est en marche » on nous abreuve donc d’articles tous plus prometteurs les uns que les autres.

Les batteries « révolutionnaires » auraient toutes les vertus ! Recharge en quelques instants, poids réduit, plage de fonctionnement plus large, « moins polluantes » … le discours maxi-positiviste est relayé par tous les supports avides d’exclusivité. Plus c’est gros, mieux ça passe …. Alors si en plus c’est une « révolution », tout le monde se jette sur les communiqués de presse pour les recopier. Pourquoi douter, puisque c’est écrit dans le journal et qu’ils en ont parlé à TF1 ?

Une des technologies attendue depuis plusieurs années, c’est la batterie «solide ». L’électrolyte liquide est remplacée par du verre ou du gel, éliminant liquide polluant et dangereux, tout en améliorant autonomie et durée de vie. Le rêve.

Récemment, les batteries aux ions fluorure étaient partout. Enfin, partout dans la presse. Elles seraient dix fois plus performantes en énergie que les Li-ion. Meilleure autonomie, moins polluantes (comment ça, on admet qu’une batterie serait polluante ?) et péseraient cinq fois moins lourd, en plus de leurs performances supérieures. Une autre alternative serait le sodium-ion, le sodium ayant l’immense avantage d’être disponible en quantité quasi infinie.

Le problème reste que la plupart de ces technologies sont encore à l’état du développement, au mieux à l’état de prototype. Selon Marion Perrin, docteur en électrochimie spécialisée dans le stockage d’énergie, il y a peu de chance que ces technologies balayent le lithium-ion. « Pour ce genre de technologie, le time-to-market est d’à peu près 15 ans. C’est-à-dire qu’à partir du moment où on arrive à en faire fonctionner une en laboratoire, il faut attendre 15 ans avant qu’elle soit industriellement disponible sur le marché. »

A supposer encore que la fiabilité soit acquise et que le coût de revient soit compatible avec le prix d’une voiture !

Les batteries

Il faudra donc attendre de nombreuses années avant de faire une croix sur le lithium-ion. Pour certains constructeurs, les alternatives sont trop incertaines pour les considérer sérieusement. Le groupe VAG a surnommé le Lithium « l’élément irremplaçable de l’ère électrique… Le lithium est pour l’instant considéré comme un porteur de charge sans rival, et qui n’est pas remplaçable dans un avenir prévisible ». Tout est donc dit ….

Bref, si l’industrie de la voiture électrique occupe le terrain de la vertu en promettant la « révolution des batteries », le lithium et le cobalt nécessaire aux Zoe, Tesla et autres vaisseaux amiraux de la Voiture Electrique vont continuer d’être extrait dans des conditions inavouables au plan environnemental et social. Quand à la filière de recyclage, on verra plus tard …

Mais pendant ce temps, le marketing vert se chargera de nous promettre la « révolution »…